Fuji x-pro 1, premières impressions

Publié: 20 juin 2012 dans Matos
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Après avoir revendu l’ensemble de mon matériel réflex, je me suis offert il y a peu un Fuji x-pro 1 accompagné de son objectif 18mm. Voici quelques considérations sur l’utilisation de cet appareil après quelques jours de pratiques.

Utilisateur de Canon Eos, d’abord en argentique puis en numérique, je me suis progressivement équipé en objectifs au fil des années avec des focales allant de 10 à 200mm. Ce système m’a donné toute satisfaction dans ma pratique photographique amateur qui consiste surtout en photos de rue et photos de voyage. J’avais complété cet appareil avec un Panasonic GF1 qui m’a, lui aussi, donné beaucoup de plaisir et d’opportunités d’images grâce à sa plus grande portabilité. Tombé par hasard sur l’existence de ce nouvel appareil Fuji et immédiatement séduit par son aspect (j’avoue), j’ai passé un peu de temps à me renseigner et m’interroger sur l’idée de changer totalement de système avant de sauter le pas. La décision prise, quelques annonces sur Leboncoin.fr et un enchaînement éreintant de rendez-vous permettaient d’amasser la somme astronomique nécessaire au projet.

Prise en main : c’est léger et agréable

Le poids de l’appareil est étonnamment contenu, on s’imagine quelque chose de plus massif et on a limite l’impression de s’être fait voler. Pour autant ça ne fait  pas fragile. Même si la prise en main est moins bonne que sur mon réflex avec sa poignée, c’est quand même bien adapté à mes grandes mains. Le déclencheur tombe bien sous l’index, les différentes commandes sont bien placées et le contact avec le revêtement est très agréable. Je me suis surpris à littéralement le caresser dans les premières heures, non je plaisante, calmez-vous. Globalement on se fait très vite au fonctionnement et à l’ergonomie de l’engin. C’est simple, les menus aussi, et on ne croule pas sous les options gadgets habituelles. Le retour à une bague de diaphragme sur l’objectif est un vrai plaisir.

Et le viseur ?

Le viseur hybride optique/électronique est un gros point fort de cet appareil. J’utilise principalement le viseur optique qui apporte un confort interdit à l’utilisateur d’un réflex ou d’un appareil à visée par l’écran. En effet, la possibilité de voir ce qui se passe à l’extérieur du cadre est un avantage indéniable pour ce qui est de la photo de rue. Cela permet d’anticiper l’entrée du sujet dans la photo et aussi, d’après moi, de composer son image avec plus de facilité. Les cadres lumineux sont très clairs et par ailleurs réglables en intensité. En revanche, malheur à celui dont l’œil directeur est le gauche, c’est mon cas, car son nez vient graisser l’écran et son autre œil se retrouve pile en face du témoin lumineux d’activité mémoire de l’appareil, gare à l’épilepsie. Pour le nez, il faudra envisager de se le faire raccourcir (mais cela peut vous être utile globalement) et pour l’œil droit, il suffit de le fermer ou mieux, de placer un petit bout de gaffer sur la satanée loupiotte. Le viseur électronique n’a pas ma faveur mais reste évidemment utile dans plusieurs cas, notamment l’utilisation d’une focale supérieure à 60mm, la prise de vue rapprochée ou encore le recyclage de vieux objectifs manuels. L’image électronique est bien définie mais son rafraîchissement un peu lent d’après moi. Le viseur électronique permet aussi de contrôler la profondeur de champ, ce qui peut être utile. On peut ajouter tout un tas d’infos dans les deux viseurs : valeurs d’exposition, horizon, grilles de différentes tailles, niveau de batterie, valeurs iso, nombres de vue, histogramme, météo marine et j’en oublie. Personnellement je limite l’affichage à l’exposition, sa correction, la valeur iso et la batterie, ce qui est bien suffisant. C’est un appareil photo pas un avion de chasse. On peut passer du viseur optique au viseur électronique en actionnant le petit levier situé sur le devant de l’appareil, ce qui se fait très naturellement. Maintenir le levier une ou deux secondes permet en outre de commuter le degré d’agrandissement du viseur optique, pratique et rigolo.

Le viseur optique permettait clairement de voir que cet enfant turbulait

Et en vrai dans la rue ?

En pratique dans la rue, vous êtes invisible. Enfin pas vraiment, on ne voit toujours que votre nez. Mais pour ce qui est de la discrétion en tant que photographe, c’est vraiment parfait. Alors qu’avec votre gros réflex et le gros objectif les gens vous associent au vilain paparazzi qui ne cherche qu’à violer leur vie privée pour l’étaler dans la presse à scandales (vie privée dont tout le monde se moque par ailleurs mais ce n’est qu’un détail), là ils ne vous prennent au pire que pour un sympathique attardé technologique qui n’a pas vu venir le virage de la photographie numérique. Il en découle que ces ignorants bienheureux se laissent bien plus volontiers tirer le portrait, soit qu’ils ne vous voient même pas, soit qu’ils considèrent qu’avec cette chose vous ne pouvez pas leur vouloir grand mal. Ignorants, bienheureux et donc pertinents, ces gens. Alors bien sûr, lorsque vous vous retrouvez avec une focale fixe d’environ 28mm alors que vous êtes habitué à utiliser un zoom, ça oblige à agir autrement. En positif, on perd moins de temps à chercher son cadrage en jouant du zoom. En négatif, vous êtes souvent trop loin et vous loupez certaines images parce que justement vous n’êtes pas au bon endroit. Quoiqu’il en soit, rien qu’en s’installant bêtement à la terrasse d’un café sur une rue passante vous aurez une masse d’occasions de vous faire plaisir sans renoncer à votre fainéantise légendaire et sans donner à vos sujets l’impression que vus les agressez alors même que vous êtes à peine à deux mètres d’eux. Le déclenchement est de plus très discret et agréable à l’oreille.

Evitez la fatigue, postez-vous en terrasse

Et l’autofocus ? Et l’exposition ?

Un point de débat sur internet à propos de cet appareil porte sur l’autofocus et sa capacité à opérer notamment dans des prises de vue sur le vif. S’il est vrai que parfois l’autofocus patine un peu, surtout quand vous avez oublié d’enlever le bouchon d’objectif et en cas de très faible lumière en général, j’ai été agréablement surpris par la vélocité et la précision de la mise au point. C’est moins rapide que sur mon ancien réflex mais tout à fait correct pour ce que je fais et ce que j’en attends. Je n’aime ni le sport ni les photos de sport donc pas de souci de ce côté là. On passe de l’autofocus à la mise au point manuelle au moyen d’un petit levier situé à gauche sur le devant de l’appareil. Le cran du milieu sert à la mise au point automatique continue, qui pour moi est inutile. On peut déplacer le collimateur à peu près n’importe où dans le viseur. Ce qui ne sert à rien étant donné qu’il est beaucoup plus rapide de le laisser au centre, de faire sa mise au point et de procéder au cadrage. Côté exposition, aucune difficulté rencontrée, d’autant qu’il est très aisé (trop peut-être) de corriger celle-ci au moyen de la molette située sur le dessus de l’appareil. Mais ça fait à peu près 25 ans que les appareils du marché exposent correctement donc rien d’extraordinaire. La seule chose un peu pénible concerne la sensibilité automatique qui, de mon point de vue, s’ajuste sur une vitesse de déclenchement trop basse et non paramétrable. J’ai lu quelque part qu’une astuce consistait à choisir une vitesse, par exemple 1/125, une valeur d’ouverture et de laisser l’appareil déterminer la sensibilité en fonction de ces paramètres. Je n’ai pas encore testé mais je vais le faire, je le jure.

Il est quand même possible de faire des photos de sport

Et les images ?

Venons-en à l’essentiel, les images. C’est bluffant, vraiment. Le rendu est excellent et le piqué du 18mm très bon dès la pleine ouverture. Les images sont équilibrées tant sur le plan couleur que contraste même dans des situations d’éclairage difficiles. Mais le point essentiel est le résultat obtenu aux hautes sensibilités. Alors que mon ancien Eos 50d demandait grâce à 1600 iso, on se surprend à shooter à 6400 tout en conservant des images exploitables. Ce n’est pas exempt de bruit bien entendu mais c’est tout à fait correct. En intérieur nuit avec un objectif lumineux,c’est idéal. Là où ça cloche en revanche c’est sur le traitement des images raw. Ok, le dernier Lightroom le prend en charge. Le problème c’est qu’il faut avoir toute la vie devant soi pour traiter douze photos tant ça rame sur une configuration certes moyenne mais qui ne posait aucun problème sous Lightroom 3. En attendant une évolution favorable, je me suis donc remis au jpeg qui autorise moins de possibilités de traitement mais qui me permet de garder mes nerfs. En Jpeg, il y a pléthore de possibilités de simulation de films. Pour ma part, je laisse en provia, c’est à dire un rendu neutre, avant de passer ça sous Lightroom. Quoiqu’il en soit, en plus d’être un bel objet agréable à utiliser, cet appareil est aussi un saut qualitatif important par rapport à mon 50d, ce qui est bien le moins vu le tarif me direz-vous.

Et avec ton 18mm, tu fais tout ?

Ben non, je viens de me tuer à t’expliquer que non. Mais en fait je m’en fiche un peu car il se trouve que j’ai dans mon musée personnel toute une collection de vieux objectifs Minolta du 28 au 85 en passant par un 50 macro. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui m’a décidé à dépenser le prix d’une bonne Clio d’occasion dans cet appareil. Avec une bague d’adaptation adéquate et un bon dépoussiérage, les vieux Rokkor reprennent du service et ne déméritent pas. Bien sûr, adieu l’autofocus. Le viseur optique reste utilisable puisqu’il est facile d’adapter le cadre lumineux à la focale utilisée via un menu. A la simple pression du pouce sur la molette, on déclenche une loupe dans le viseur électronique qui permet de faire le point sans trop de difficulté. On y perd évidemment en rapidité mais ça reste tout à fait utilisable. Avec le 85mm, ça tremble pas mal quand même. L’idéal, quand les conditions le permettent, est d’utiliser l’hyperfocale au moyen des repères gradués sur l’objectif, ce qui, du coup, fait gagner en vitesse d’exécution et permet de se concentrer sur le cadrage.

Avec un vieux 35mm Minolta

Et le bilan ?

Pour l’instant : que du bon. A part l’autonomie électrique qui est vraiment faiblarde et qui nécessite de disposer d’au moins une batterie supplémentaire, cet appareil est un régal. Transportable au quotidien dans un sac à dos ou une sacoche, il permet de ne pas choisir entre compacité et qualité d’image. Il pousse aussi à moins mitrailler et à plus penser ses clichés, plus calme, plus posé. Moins intimidant qu’un réflex, il facilite aussi la relation avec le sujet et est sans doute un redoutable outil de portrait. L’absence de gadgets genre détection de visage et autres modes programmes à la noix est louable et participe à une très bonne ergonomie générale à laquelle on souscrit très rapidement. La possibilité de réellement exploiter de vieux objectifs est également un réel plus de mon point de vue. Voilà donc mes premières impressions, j’espère qu’elles vous auront été utiles et surtout qu’elles resteront si positives…

commentaires
  1. Antoine dit :

    Je ne pensais pas acheter l’objectif 18mm, mais après avoir vu ce qu’on pouvait en faire avec sur votre site, je vais peut-être changer d’avis… Merci.

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